
Comme promis, un petit récit de notre manifestation du weekend dernier (gros boulot!).
Le vendredi soir, environ 300 personnes au rendez-vous sur la place de l'église. C'était beau: la nuit tombante, la vieille pierre, l'écran accroché aux pignons des maisons… Il y avait des vieux films d'archives sur Audierne et Pont-Croix, une transcription VHs d'une des innombrables bobines super 8 d'Henri Castrec qui a filmé Pont-Croix pendant une quarantaine d'années. En deuxième partie, « Les filles de la sardine », en présence de son auteur, Marie Hélia, cinéaste de Douarnenez.
Il y avait des pontécruciens, des vacanciers, et quelques uns de nos participants à la journée du samedi qui avait pu auparavant profiter de la plage. Larme à l'œil pour les uns, un peu frisquet pour d'autres sur le coup de 11 heures (cela dépendait où l'on était placé…). Les gens du coin ont été contents de voir revivre leur place, nous ont beaucoup félicités et encouragés à leur remontrer de vieilles images du pays mais ne sont guère venus le lendemain pour voir les vidéos d'artistes…
Le samedi, beau temps toujours. Le matin réglages divers, aménagement des deux salles sans séparation où doivent cohabiter trois moniteurs, gros arrivage de gâteaux et de boissons pour le salon de thé. Le programme des vidéos est précédé par une projection de vieux films pour enfants en super 8. Les enfants sont au rendez-vous.
Le programme des vidéos comportait environ 1h40 de vidéos sur moniteurs puis une quarantaine de minutes de vidéos projection. Une partie des artistes étaient présents (Jean-Paul Mathelier, Arnaud Le Duc, Capucine Latrasse, Pascal Rivet, Alice Anderson) et ont pu présenter leur film au public quand ils en avaient envie, et discuter avec les spectateurs intéressés. Étaient présents aussi stéphane Tesson et Yannig Gueguen qui montraient des vidéos dans le cadre de l'exposition « Commerce » organisée dans des vitrines du village et que les spectateurs étaient chaleureusement invités à voir aussi.
Les choses étaient organisées de sorte qu'une personne présente puisse tout voir. Et de fait une bonne partie des spectateurs ont suivi le programme en entier.
Certaines vidéos courtes sont passées en boucle (Jean-Paul Mathelier, Capucine Latrace), les « dangers de Catch 2000 » présenté dans une vitrine de Pont-Croix dans le cadre de l'exposition « Commerce » a été remontré avec la bande son qui ne fonctionne pas dans la présentation en vitrine. Il n'y avait pas d'installation à proprement parler. Seul « Ma mère » d'Alice Anderson a donné lieu à deux diffusion simultanées sur moniteurs : d'un côté un portrait sans narration, fixe et silencieux, de l'autre une suite de saynettes se rapportant au même personnage.
Sont aussi passés sur moniteurs les deux films de Julien Lousteau « DeWind » et « Le phare de Biarritz ». Leur auteur avait suggéré une projection au vidéo projecteur de « DeWind » tourné à l'origine en 35 mm, mais nous avons craint pour la qualité de l'image via VHS et en sommes restés au moniteur.
Pour la vidéo projection, le principe adopté était d'aller du plus court au plus long : « Neighbour » de Jean-Marc Munerelle, puis « Bellerive » d'Alice Anderson, et « Les saynettes » de Pascal Rivet. La vidéo de Jean-Phillppe Antoine, « La Foi » qui nécessitait une situation de saturation sonore a été montrée en dernier.
Il ne m'appartient pas de faire l'éloge ou la critique d'une manifestation que j'ai contribué à organiser. Le programme était entièrement fondé sur les goûts et les réseaux de ceux qui s'en sont mêlés (Chantal Le Sauze, Gérard Lefort et moi-même). Sans que nous ayons cherché à définir un thème, on voyait revenir sur des modes divers dans plusieurs des vidéos la question de l'utilisation de sa propre image - chez Alice Anderson pour jouer notamment son personnage de mère, chez Catch 2000 pour jouer ce duo loufoque de catcheurs aux prises avec les stéréotypes de l'aventure télévisée, chez Pascal Rivet pour la reconstitution bricolée de ses héros sportifs, chez Jean-Philippe Antoine pour une recherche plus proche de la peinture sur la matière d'un visage, de son propre visage…
Je crois que nous avons montré des choses de qualité et que les conditions de visionnement qui certes peuvent toujours être améliorées étaient correctes. Tout cela se passait dans une atmosphère plutôt chaleureuse et propice à l'échange. J'ai regretté que davantage de gens du monde de l'art qui avaient laissé entendre qu'ils viendraient ne se soient pas déplacés. Il faut dire que nous avons organisé tout cela sans y mêler les représentants locaux ou régionaux de l'institution artistique…
L'entreprise mérite certainement d'être poursuivie. Cette année nous n'avions fait aucune demande de subvention, mais la location de matériel coûte cher et il est nécessaire qu'il soit de qualité; nous avons regretté aussi de n'être pas en mesure d'inviter les artistes car il est clair qu'un des intérêts de ce genre de manifestation est la forme agréable de rencontre qu'elle permet. Nous demanderons des subvensions pour nos prochaines manifestations…
Didier Péron qui a assisté à cette journée nous suggère de nous mettre en relation avec un festival de films expérimentaux et vidéos d'Hambourg (les « sans budgets », je crois !). Nous sommes partants. Et puis il a a vos idées et suggestions à vous tous qui avez participé à ce « petit festival »… N'hésitez pas à nous en faire part… Quant à moi je tiens à la disposition de ceux que cela intéresse les coordonnées des artistes ayant montré leurs vidéos cette années. merci et à bientôt !
Jeudi 2 Aout 2001. Christine Lapostolle.